Même le Président Macron a fait état de son agacement constatant que ses ministres écrivaient trop et devraient passer plus de temps sur leurs dossiers. Si on en croit Le Canard enchaîné cité par Actualitté.com il aurait dit : « Mais les Français vont finir par se dire que les ministres ne foutent rien et qu’ils passent leur temps à écrire des livres. » Il est vrai que ces derniers mois nombre d’ouvrages ont été publiés par les membres du gouvernement sans pour autant atteindre un large public.
Paris Match a recensé quelques résultats (chiffres de l’institut GFK au 20 oct.) : le « manifeste pour la laïcité » de Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur s’est écoulé à 5 107 exemplaires, Ecole ouverte (éd. Gallimard) du ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, n’a lui trouvé que 666 lecteurs. Bienvenue en politique. A ceux qui sont tentés de renoncer (éd. Calmann-Lévy), d’Emmanuelle Wargon, s’est écoulé à 76 exemplaires lors de sa sortie. L’hebdomadaire cite également Envie de France (éd. de l’Observatoire), de Sarah El Haïry (Jeunesse), ainsi qu’un texte d’Adrien Taquet (Enfance et Familles), des entretiens de Sophie Cluzel (Personnes handicapées) et un livre à quatre mains d’Élisabeth Moreno (Égalité femmes-hommes) et Agnès Pannier-Runacher (Industrie). Paris Match ironise aussi sur le neuvième ouvrage de Marlène Schiappa Sa façon d’être à moi (éd. Stock), « roman de pure fiction » tiré à 6 000 exemplaires et vendu en quinze jours à 70 .
Seul Bruno Le Maire avec L’ange et la bête (éd. Gallimard) ne s’en sort pas trop mal avec 25 000 exemplaires de son quatrième roman écrit depuis qu’il est en poste au ministère des Finances. De son côté Roselyne Bachelot a décidé de reporter à plus tard la parution de son autobiographie Ma vie en rose.
Publier un livre peut aider à une carrière politique, mais aussi permettre d’exister après comme le démontrent les perpétuelles tournées des libraires de deux ex-présidents, Nicolas Sarkozy et François Hollande.
Un livre peut être porteur lorsqu’on veut mener une carrière dans ce domaine. Ainsi le livre d’Éric Zemmour La France n’a pas dit son dernier mot (auto-édité et distribué par Interforum) s’est écoulé à 130 000 exemplaires en deux semaines, même si comme le constate Le Parisien les ventes de son dernier livre sont retombées à 35 000 unités en troisième semaine. Un score que nombre de politiques doivent malgré tout lui envier.
À lire dans Le Monde l’article « De Jean-Michel Blanquer à Bruno Le Maire… la prolifération littéraire des ministres agace au sommet de l’Etat« .